Divertissement

Mon Mari A Invité Sa Maîtresse À Dîner Chez Nous — Mais Quand J’Ai Posé Une Enveloppe Devant Elle, Douze Ans De Mensonges Ont Commencé À S’Effondrer

Mon beau-père venait de prononcer ces mots d’une voix si basse que, pendant quelques secondes, personne ne réagit.

— Morte ? répéta Claire.

Émilie oublia presque Marc. Elle regardait désormais mon beau-père, tandis que Marc restait debout près de la table, le visage fermé.

— Qu’est-ce que tu racontes, papa ?

Mon beau-père, Jean, ne répondit pas immédiatement. Ses yeux restaient fixés sur la photo affichée sur mon téléphone. Je ne l’avais jamais vu ainsi. Cet homme calme, presque sévère, qui contrôlait chacune de ses émotions, semblait soudain avoir vieilli de dix ans.

— Donne-moi ça.

Je pris mon téléphone avant qu’il puisse l’attraper.

— D’abord, vous allez m’expliquer.

Marc intervint aussitôt.

— Sophie, ça suffit.

Je tournai lentement la tête vers lui.

— Non. Justement, ça commence.

Il fit un pas vers moi.

— Tu ne sais pas dans quoi tu mets les pieds.

Cette phrase provoqua quelque chose en moi. Jusqu’ici, malgré la colère, malgré l’humiliation, une partie de moi avait encore considéré Marc comme mon mari. Un homme infidèle, menteur, lâche peut-être, mais toujours l’homme avec lequel j’avais partagé neuf années de ma vie.

À cet instant, je compris que le problème dépassait notre mariage.

— Alors explique-moi.

Marc serra la mâchoire.

Jean se leva brusquement.

— Depuis quand la vois-tu ?

Marc détourna les yeux.

— Papa…

— Depuis quand ?

— Quelques mois.

Jean frappa la table du plat de la main.

— Tu es complètement fou ?

Ma belle-mère sursauta.

— Jean, explique-nous enfin qui est cette femme !

Il regarda sa femme. Quelque chose passa entre eux.

Et je compris immédiatement.

— Vous la connaissez aussi.

Ma belle-mère baissa les yeux.

Claire se leva.

— Mais qu’est-ce qui se passe dans cette famille ?

Émilie attrapa son sac.

— Je n’ai rien à faire ici.

— Si, répondis-je.

Elle s’arrêta.

Je n’avais aucune sympathie particulière pour elle. Elle avait accepté une relation avec un homme marié, même si Marc lui avait raconté que notre couple était terminé. Mais elle venait manifestement de découvrir qu’elle avait été trompée elle aussi.

— Vous avez rencontré Hélène ?

Émilie hésita.

— Une fois.

Marc se retourna vivement.

— Émilie.

— Arrête de me donner des ordres !

Sa voix tremblait maintenant de colère.

— Tu m’as menti depuis le début. Sur Sophie. Sur vos comptes. Et maintenant j’apprends qu’il y a une autre femme.

Elle se tourna vers moi.

— Je l’ai vue il y a environ deux mois. Marc m’avait dit qu’elle travaillait pour un investisseur.

— Où ?

— Dans un restaurant près de la place des Quinconces.

— Et qu’est-ce qu’ils se sont dit ?

— Je n’entendais pas tout. Mais ils se disputaient.

Marc pâlit davantage.

— Émilie, tais-toi.

Elle eut un rire amer.

— Certainement pas.

Elle réfléchit quelques secondes.

— Hélène lui répétait qu’il devait respecter leur accord. Et elle a parlé d’un dossier.

Jean ferma les yeux.

Je le vis.

Cette simple réaction confirma que le mot signifiait quelque chose pour lui.

— Quel dossier ? demandai-je.

— Je ne sais pas, répondit Émilie. Marc m’a rejointe après et m’a dit que c’était une négociation professionnelle.

Je regardai mon mari.

— Encore une négociation professionnelle.

Il ne répondit rien.

Jean contourna la table et s’approcha de Marc.

— Est-ce qu’elle l’a ?

Marc resta silencieux.

— Marc. Est-ce qu’Hélène a le dossier ?

— Je ne sais pas.

— Tu mens.

— Je ne sais pas !

Jean recula comme s’il venait de recevoir un coup.

Ma belle-mère s’était mise à pleurer silencieusement.

Je me tournai vers elle.

— Vous allez me dire ce qui s’est passé il y a douze ans.

Elle regarda Jean, puis Marc.

Enfin, elle parla.

— Hélène travaillait avec Jean.

— Marianne…

— Non, Jean. Ça suffit.

Elle essuya ses joues.

— À l’époque, l’entreprise familiale traversait une période très difficile. Hélène était responsable administrative. Elle avait accès aux contrats, aux comptes, aux dossiers internes.

Jean ajouta froidement :

— Elle a détourné de l’argent.

Je le regardai.

— Combien ?

— Beaucoup.

— Et ensuite ?

Marianne prit la parole.

— Elle a disparu.

— Vous avez dit qu’elle était morte.

Jean resta silencieux.

— Quelques semaines après sa disparition, sa voiture a été retrouvée près de Royan. Il y avait ses affaires à l’intérieur. La police a conclu à une disparition probablement volontaire, puis…

— Puis quoi ?

— Un corps a été retrouvé plusieurs mois plus tard.

Un malaise me saisit.

— Identifié ?

Jean hésita.

Une seconde de trop.

— Pas formellement.

Claire regarda son père avec horreur.

— Donc vous n’avez jamais réellement su qu’elle était morte.

— Tout le monde le pensait.

— Mais Marc savait qu’elle était vivante.

Je regardai mon mari.

— Depuis combien de temps ?

Il finit par s’asseoir.

— Six mois.

— Comment t’a-t-elle retrouvé ?

— Elle m’a contacté.

— Pourquoi ?

Il releva les yeux vers son père.

Jean comprit avant moi.

— Non.

Marc passa ses mains sur son visage.

— Elle disait avoir des documents.

— Quels documents ?

— Des documents de l’époque.

Jean s’approcha.

— Et tu ne m’as rien dit ?

— Parce qu’elle ne voulait pas te parler !

— Ce n’était pas à toi de décider !

— Elle menaçait toute la famille !

Le silence retomba.

Cette fois, même Émilie resta immobile.

Je sentis mon estomac se nouer.

— Elle menaçait de révéler quoi ?

Marc me regarda.

Je vis dans ses yeux qu’il allait encore mentir.

Alors je sortis mon téléphone.

— Peu importe. Je vais lui demander moi-même.

— Quoi ?

J’ouvris mes contacts.

Marc se leva si vite que sa chaise tomba derrière lui.

— Tu as son numéro ?

— Oui.

Pour la première fois de la soirée, il eut véritablement peur.

— Sophie, ne l’appelle pas.

— Pourquoi ?

— Parce que tu ne comprends pas.

— Alors aide-moi à comprendre.

Il ne répondit pas.

Je lançai l’appel.

Une sonnerie.

Deux.

Trois.

Puis une voix de femme répondit.

— Allô ?

Je regardai Marc.

— Hélène Duval ?

Un silence.

— Qui êtes-vous ?

— Sophie Laurent. La femme de Marc.

Cette fois, le silence dura beaucoup plus longtemps.

Puis elle murmura :

— Enfin.

Je fronçai les sourcils.

— Enfin quoi ?

— Enfin vous m’appelez.

Mon sang se glaça.

— Vous saviez qui j’étais ?

Elle eut un petit rire sans joie.

— Sophie, je sais qui vous êtes depuis bien plus longtemps que votre mari ne l’imagine.

Marc s’approcha.

— Raccroche.

Je reculai.

— Pourquoi avez-vous rencontré mon mari ?

Hélène ne répondit pas directement.

— Marc vous a-t-il expliqué pourquoi il transférait cet argent ?

Je regardai les relevés sur la table.

— Non.

— Bien sûr.

— Il vous payait ?

— Pas moi.

Je sentis tous les regards se poser sur moi.

— Alors qui ?

Hélène inspira lentement.

— Regardez le bénéficiaire exact des virements. Pas le nom affiché sur votre application bancaire. Le numéro IBAN complet.

Je pris la feuille imprimée.

Les derniers chiffres apparaissaient clairement.

Jean s’approcha.

Il les vit.

Son expression changea immédiatement.

— Impossible.

— Quoi ? demandai-je.

Il ne répondit pas.

Au téléphone, Hélène reprit :

— Monsieur Laurent vient de reconnaître le compte, n’est-ce pas ?

Jean semblait incapable de parler.

— À qui appartient-il ? insistai-je.

Cette fois, Hélène répondit elle-même.

— À une société créée il y a treize ans par Jean Laurent.

Je regardai mon beau-père.

— Pourquoi Marc enverrait-il notre argent sur le compte d’une société de son père ?

— Parce que cette société n’aurait jamais dû exister, répondit Hélène.

Jean saisit le dossier posé devant moi.

— Raccrochez immédiatement.

Sa panique confirma tout.

Je reculai.

— Pourquoi ?

Hélène parla avant lui.

— Parce que si vous découvrez ce qui a transité par ce compte, vous comprendrez pourquoi on a eu besoin que tout le monde me croie morte.

Marianne se mit soudain debout.

— Hélène, arrêtez !

Je tournai lentement la tête vers ma belle-mère.

Elle venait de commettre la même erreur qu’Émilie quelques minutes auparavant.

Elle connaissait cette voix.

Hélène se tut.

Puis elle prononça une phrase qui transforma définitivement cette soirée en quelque chose qui n’avait plus rien à voir avec une simple infidélité.

— Sophie, demandez à Marianne pourquoi elle était avec moi la nuit où ma voiture a été retrouvée près de Royan.

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